TDAH, une épice pour aller mieux

Safran pour le TDAH : ça marche ?
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Lien vers l'article original en anglais (plein de publicités) : https://www.healthline.com/health/adhd/saffron-for-adhd
Le safran est bien plus qu’une simple épice alimentaire. Utilisé en médecine traditionnelle depuis des siècles, des recherches suggèrent qu’il pourrait avoir des applications modernes pour le traitement du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH).
Le TDAH est l’un des troubles neurodéveloppementaux les plus fréquents chez les enfants. Il se caractérise par des symptômes d’hyperactivité, d’inattention et d’impulsivité qui peuvent affecter les relations interpersonnelles et le fonctionnement quotidien.
De nombreuses personnes diagnostiquées avec un TDAH, y compris les adultes, bénéficient de médicaments qui aident à réduire les symptômes et à améliorer la concentration. Un nombre croissant d’études suggère que certains de ces bénéfices pourraient également être obtenus grâce à l’utilisation de l’épice naturelle, le safran.
Un potentiel soutenu par des études cliniques
À ce jour, aucune étude à grande échelle n’a démontré que le safran peut réduire efficacement les symptômes du TDAH. Cela ne signifie pas pour autant que le safran est inefficace. Plusieurs études à petite échelle indiquent que le safran présente un potentiel, que ce soit en tant que thérapie unique ou en complément pour améliorer les effets des médicaments habituels contre le TDAH, comme le méthylphénidate.
Le méthylphénidate, connu sous des noms de marque comme Ritalin et Concerta, est l’un des médicaments les plus couramment prescrits pour le traitement du TDAH. Il appartient à la classe des stimulants du système nerveux central, qui agissent en régulant les substances chimiques dans le cerveau supposées être à l’origine des symptômes du TDAH.
En 2019, une étude pilote marquante a mis en lumière le safran face au méthylphénidate dans la communauté du TDAH. Les chercheurs ont constaté que 20 à 30 mg de safran par jour pendant 6 semaines étaient comparables au traitement par méthylphénidate pour les symptômes d’inattention et d’hyperactivité.
Depuis, d’autres recherches ont soutenu les bénéfices du safran pour le TDAH. Une étude de 2022 a révélé que le safran était plus efficace que le méthylphénidate pour réduire les symptômes d’hyperactivité du TDAH, bien que le méthylphénidate soit plus efficace pour les symptômes d’inattention. Les deux thérapies ont amélioré la durée du sommeil des participants, un défi fréquent dans le TDAH, mais seul le safran a aidé à faciliter l’endormissement.
Lorsqu’il a été utilisé en combinaison avec le méthylphénidate dans un essai clinique de 2021, le safran s’est révélé plus efficace que le méthylphénidate seul. Ces résultats ont été confirmés par un essai clinique de 2022, qui a également conclu que la combinaison du safran et du méthylphénidate était supérieure.
Malgré ces résultats prometteurs, des recherches à plus grande échelle sur le safran pour le TDAH sont nécessaires. Toutes les études actuelles ont porté sur des groupes de moins de 100 participants.
Comment le safran agit-il ?
Les mécanismes précis expliquant pourquoi le safran pourrait fonctionner dans le TDAH ne sont pas clairs, mais ils pourraient être liés aux neurotransmetteurs associés au TDAH et aux propriétés neuroprotectrices de l’épice. Les déséquilibres de certains neurotransmetteurs jouent un rôle important dans le TDAH, ce qui explique pourquoi les médicaments stimulants sont efficaces. Le safran pourrait agir comme un agent thérapeutique en stimulant des substances chimiques dans le cerveau, comme le glutamate et la dopamine, de manière similaire au méthylphénidate.
La manière dont le safran protège la fonction neurologique pourrait également jouer un rôle. Une revue de 2022 explique que le safran a constamment démontré des effets protecteurs contre les troubles neurologiques. Beaucoup de ces bénéfices proviennent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes de l’épice, qui aident à combattre le stress oxydatif et l’inflammation.
Le stress oxydatif est un état de déséquilibre dans le corps, où les molécules hautement réactives appelées « radicaux libres » surpassent les antioxydants, qui aident à les réguler. Le stress oxydatif cause des dommages au niveau cellulaire et peut contribuer à de nombreux processus pathologiques. Selon une revue de 2018, l’utilisation d’antioxydants comme le safran pour le traitement du TDAH pourrait protéger contre les dommages aux neurones impliqués dans les troubles neurodéveloppementaux.
Dosage et formes disponibles
En tant que thérapie expérimentale, il n’existe pas de dosage universel pour le safran dans le TDAH. Les recommandations pour les compléments alimentaires varient selon les fournisseurs et peuvent atteindre 100 mg par jour par voie orale. L’étude marquante de 2019 a constaté que 20 à 30 mg par jour chez les enfants âgés de 6 à 17 ans étaient efficaces pour les symptômes d’inattention et d’hyperactivité dès 3 semaines. L’essai clinique de 2022 combinant le safran au méthylphénidate a utilisé 15 mg de safran deux fois par jour pendant 6 semaines.
Le safran peut être acheté sous forme de poudre, de gélules ou en filaments, les stigmates séchés de la fleur Crocus sativus.
Effets secondaires et précautions
Lorsqu’il est pris à la dose recommandée, le safran semble présenter une marge de sécurité élevée, bien que davantage de recherches sur les humains soient nécessaires. Les effets secondaires signalés avec l’utilisation du safran incluent :
- Vomissements
- Vertiges
- Étourdissements
- Perte d’appétit
- Maux de tête
- Sang dans les urines
- Nausées
- Réaction allergique
Le safran doit être utilisé avec prudence chez les femmes enceintes, car il peut provoquer une stimulation utérine. Il est préférable de consulter un professionnel de santé avant de prendre du safran pour le TDAH.
Conclusion
Le safran pour le TDAH est un domaine de recherche émergent, mais les preuves sont prometteuses. Le safran pourrait aider à stimuler les substances chimiques du cerveau impliquées dans le TDAH, et ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes pourraient contribuer à protéger la fonction neurologique.
Étant donné que peu d’informations sont disponibles sur le dosage approprié du safran spécifiquement pour le traitement du TDAH, consulter un médecin peut aider à élaborer un plan thérapeutique sûr pour intégrer cette épice.
Note de notre spécialiste en médecine fonctionnelle
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Effets secondaires du safran (en surdosage)
Les études ayant administré jusqu’à 100 mg/jour de safran (voie orale) n’ont pas rapporté d’effets graves, mais les effets secondaires augmentent au-delà de la dose de 30 mg/jour chez certains individus sensibles.
Effets rapportés en cas de surdosage :
- Maux de tête
- Nausées
- Vertiges, étourdissements
- Perte d’appétit
- Agitation ou somnolence
- Vomissements
- Sang dans les urines (cas rares et non systématiquement confirmés)
- Réactions allergiques (rares)
- Risque de stimulation utérine (contre-indiqué en grossesse)
Ces effets sont transitoires, réversibles à l’arrêt, et généralement bénins si la dose est raisonnablement dépassée. Aucun effet addictif, cardiovasculaire ou psychiatrique n’a été rapporté à ce jour avec le safran.
Effets secondaires du méthylphénidate (à dose normale)
Le méthylphénidate (Rιtaline, Conc∈rta) est efficace mais présente un profil d’effets secondaires bien documenté, y compris à doses thérapeutiques.
Effets fréquents :
- Perte d’appétit, amaigrissement
- Troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, insomnie)
- Céphalées
- Nervosité, anxiété, irritabilité
- Douleurs abdominales, nausées
- Tachycardie, augmentation de la pression artérielle
- Effets rebond en fin de journée (irritabilité, agitation)
Effets moins fréquents mais sérieux :
- Tics moteurs ou vocaux
- Troubles psychiatriques (idées suicidaires, hallucinations, épisodes maniaques)
- Troubles cardiovasculaires (hypertension sévère, arythmies)
- Dépendance ou mésusage (surtout chez l’adolescent et l’adulte)
Ces effets peuvent nécessiter un arrêt du traitement ou une surveillance médicale étroite.
À notre avis
Le safran, même en cas de léger surdosage, présente un profil de sécurité nettement plus favorable et doux que celui du méthylphénidate à dose normale. Cela ne signifie pas qu’il est supérieur en efficacité, mais il pourrait représenter une alternative ou un complément intéressant pour les familles soucieuses de limiter les effets secondaires. Son usage, comme celui de tout agent actif, doit néanmoins être encadré médicalement.
Avertissement : Les informations contenues dans cet article ne constituent pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant de prendre du safran ou tout autre traitement pour le TDAH.


